Charlotte Charbonnel
Cryptide

Les balcons de l’abbaye – Sain-Bel et Savigny
Chemin du Basset

Cryptide est une œuvre conçue spécifiquement pour le sentier de Savigny.

Lors de sa première visite sur place, Charlotte Charbonnel remarque un fossile sur le chemin caillouteux. Sensible aux signes, cette découverte qui fait écho au temps ancien devient le point de départ de son projet. Cette zone, comme une grande partie du territoire français, était, au Jurassique, couverte par une mer chaude propice à la vie marine, laissant une abondance de fossiles marins.

L’artiste imagine alors une créature fictionnelle, réminiscence d’une espèce disparue et témoin de cette histoire géologique. Entre forme fossile et organisme non identifié, cet animal écaillé devient grotte géomorphique dans laquelle le visiteur est invité à entrer.

Pour ce projet, l’artiste a fait appel au géologue Frédéric Gaudry, qui a identifié le fossile trouvé sur le sentier comme un moule interne de Coroniceras multicostatum datant du Sinémurien.

En croisant données scientifiques et imaginaire spéculatif, l’œuvre propose une expérience immersive qui met en relation différentes échelles de temps et rappelle les nombreuses ères géologiques ayant façonné le territoire du Pays de L’Arbresle, bien avant l’Anthropocène.

LE CONTEXTE PATRIMONIAL

Sur ce secteur, se découvre un panorama avec différents points de vue sur les espaces du Pays de L’Arbresle. Le territoire est structuré par deux reliefs séparés par la vallée de la Brévenne.

À l’Est, on distingue notamment les Monts du Lyonnais dont une partie est classée Espace Naturel Sensible : un environnement de moyenne montagne, sur le rebord du Massif central.

À l’Ouest de la Brévenne, les monts de Tarare sont dominés par les hauteurs boisées. La main de l’homme, plus ou moins prégnante, se perçoit dans le moindre décor. La place du sauvage reste finalement marginale, la majeure partie des espaces étant domestiquée.

 

L’ARTISTE

Née en 1980, Charlotte Charbonnel vit et travaille à Paris.

Elle est diplômée de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Tours en 2004 et de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, secteur Art/ Espace, en 2008. Elle est également nommée Woman to Watch par le National Museum of Women in the Arts de Washington en 2018.

Intéressée par l’énergie contenue dans la matière, elle sonde notre environnement pour en révéler les forces naturelles et nous faire ressentir les flux.

À l’écoute du monde, elle explore et transmet la vibration acoustique des lieux qu’elle investit. Sa pratique pluridisciplinaire est liée à l’espace et se nourrit des sciences, de collaborations et d’enquêtes dans différents domaines et disciplines.

crédits photos : Arnaud Robin et Lionel Rault