Le projet artistique de Caroline Le Méhauté avance. En juillet dernier, l’artiste a proposé aux habitants du Pays de L’Arbresle de participer à une balade géologique autour de la mine de Sain-Bel afin de récolter des roches destinées à l’élaboration de son œuvre.

Accompagnés par le géologue Frédéric Gaudry, les participants ont pu apprendre sur l’histoire et les caractéristiques des roches à l’origine de la formation du gisement de la mine de Sain-Bel. Ces dernières ont été prélevées, échantillonnées et envoyées en laboratoire.

 

La mine de Sain-Bel, un héritage minier à valoriser

L’activité minière a longtemps marqué l’histoire et le développement du Pays de L’Arbresle et de sa population. La mine de Sain-Bel a été exploitée jusqu’en 1972 pour en extraire principalement du cuivre et de la pyrite. Elle est désormais à l’arrêt, mais ce passif extractif laisse encore des traces dans le paysage avec des installations de traitement et des bassins nécessaires pour faire face aux eaux acides.

 

Une balade géologique pour collecter des échantillons de roche

Le projet de Caroline Le Méhauté vise à valoriser ce patrimoine industriel et naturel en créant une œuvre sculpturale qui met en lumière les richesses géologiques. En rendant visible l’invisible, l’artiste souhaite ainsi sensibiliser les habitants à la préservation de l’environnement.

En effet, la balade géologique a permis aux participants d’appréhender le site autour de la mine de Sain-Bel sous un angle nouveau. Grâce aux éclairages de Frédéric Gaudry, les habitants ont découvert comment ces roches se sont formées, quels sont les différents types de sols qui en résultent, et comment la vie animale et végétale s’est adaptée à ces milieux. Chaque spécimen de roche récolté lors de la balade a été ensuite recueilli sous forme d’échantillonnages.

 

Une œuvre artistique qui révèle la richesse des roches

Les roches ont été envoyées en analyse au laboratoire de géologie de la Faculté des Sciences et Techniques de Saint-Etienne. À l’aide d’une scie diamantée, les lithopréparateurs ont découpé sur chaque roche un petit volume appelé « sucre ». Chaque sucre a ensuite été passé à la rodeuse et au lapidaire pour en abaisser l’épaisseur. Les roches ont été polies jusqu’à donner des lames extrêmement fines (30 micromètres, soit un tiers de l’épaisseur d’un cheveu !). Ces lames ont été placées entre deux lamelles de verre. Grâce à cette découpe, il est possible de voir à travers les roches et de révéler leurs couleurs et leurs motifs.

Cette étape marque la fin de la première phase du projet de Caroline Le Méhauté. Les lames de roche seront observées et augmentées au microscope polarisant pour intégrer son œuvre finale. L’objectif est de créer un dialogue entre l’art et la science, entre le visible et l’invisible, entre le passé et le présent.